Etape 6 - 1er jour

Nulle part, ensembles, au bivouac « sauvage », 2ème étape marathon
Deuxième et dernière nuit dans le désert en bivouac « sauvage ». Nuit pleine de joie et de partage pour les Gazelles. Partage spirituel, mais aussi partage festif, foie gras, bonnes bouteilles et autres mets exquis exhumés des coffres. Demain soir, c'est l'arrivée à Foum-Zguid, la fin de l'épreuve. Donc ce soir, est un soir un peu particulier. D'autant plus que cette 2ème étape marathon est la plus dure du Rallye. 300 kms répartis sur les 2 jours, regs, oueds, dunettes et dunes majestueuses de Chigaga, plateaux caillouteux, lac Iriki, le menu est copieux, varié, plusieurs options nous sont proposées. A nous de faire le bon choix après le CP3. Mais un petit retour en arrière…. Cette 1ère étape marathon a été riche en émotions :
Détankage long et laborieux de l'équipage 159 littéralement prisonnier d'une gangue glaiseuse. Nous avons eu recours à tout l'équipement que nous avions embarqué (merci qui ?). Cric gonflable, cric hydraulique, pelles.
Détankage d'un quad. Un peu limite, en théorie, il est strictement interdit de piloter un autre véhicule que le sien. Nous avons plaidé la bonne foi et l'ignorance auprès des instances…
Détankage de l'équipage 125 (c'est qui ça ??) par, on ne l'invente pas, « les Vignerons Indépendants de France ». Oui, bon d'accord, nous avions omis de vous raconter cet épisode hier, mais…. Nous étions fatiguées, nazes, détruites.
Et puis quoi, nous avons notre fierté ! (pas de photo… pas question !).
Juste avant de rentrer hier soir nouveau détankage de copines en détresse et retour de nuit sur le bivouac.
Excellentes illustrations de « l'Esprit Gazelles ». Et finalement, nous ne sommes pas mécontentes, nous sommes 20ème au général après la 1ère étape marathon. Pas mal. Les grognons diront que si nous n'avions pas aidé les copines, nous aurions ramassé les dernières balises. Peut-être, mais si personne ne nous avait aidé, les vautours seraient en train de nous dévorer.
Petit regret ce matin en quittant Mhamid, pas une minute à consacrer à ce village qui est à la porte du Sahara. La Nationale 9 s'arrête à Mahmid, après rien, la piste. Même le Draa se perd après Mhamid. Zone frontière très surveillée depuis 1992 et le Front Polisario (mouvement saharaoui qui revendique l'indépendance du Sahara Occidental), Mhamid est bien évidemment le refuge de quelques hôtels de luxe…, mais c'est surtout un village avec juste quelques rues et des maisons de terre battues alignées tant bien que mal. Une bonne idée probablement de ce que devaient être Zagora et Ouarzazate dans les années 30. Mhamid fut un grand centre caravanier, et les habitats de cette région, très indépendants pratiquent encore le nomadisme sur l'axe Figuig – Tan Tan. Ici la population est d'origine arabe et nous sommes en terre berbère. Si nous avions le temps d'aller au-delà des apparences du tourisme très superficiel des circuits organisés et des hôtels « européens », nous sommes sures que nous retrouverions dans ces ruelles et derrières les voiles sombres des femmes Hassanias ou ceux colorés des Saharaouies les fantômes des anciennes caravanes qui sillonnaient le Sahara. Dommage de devoir partir comme ça !
06h40, comme d'hab, contact, moteur (miracle, ça marche encore), et l'estomac lesté de quelques brioches et tasses de thé (ou café selon les préférences) nous voici parties pour cette 2ème étape marathon. Les dunes de Chigaga nous attendent (plus sauvages, plus belles et surtout … moins fréquentées que Merzouga (le surnom « Bac à Sable » n'est pas qu'un surnom). Bon d'accord, 100 véhicules dans les dunes de Chigaga, ça va faire du monde au balcon. Allez hop direction le CP1, il faut longer le Draa et piquer plein nord vers la 1ère balise.
Petite parenthèse « Les Gazelles répondent aux questions des gentils supporters ». Alors Agnès, une balise, c'est un vulgaire drapeau qui flotte au vent. Contrairement aux courses d'orientation pédestres ou " vtt-esques " où généralement chaque concurrent poinçonne sa feuille de route avec un poinçon différent pour chaque balise, ici il y a un officiel qui note le passage de chaque équipage. Quant à l'emplacement des balises, elles sont indiquées sur les cartes qui nous sont remises le matin. A nous de les dénicher ensuite avec boussoles et autres ustensiles de cuisine.
Donc ce CP1, 16 kms…. 3H30 pour l'avoir…. Glouuppsss, ça commence fort cette 2ème étape marathon. Nous étions prévenues, il va falloir s'arracher. Allez, cap à l'Est pour la 2ème balise…. Atteinte à 14h10, c'est sur si nous avions mis un rôti au four, il serait un peu cuit… C'est nous qui sommes à point. Cette étape est redoutable, nous ne sommes pas seules à zigzaguer dans cet enchevêtrement de dunettes parsemées de touffe d'herbe à chameaux, de buissons d'euphorbe (arbre à lait pour les nomades, Calotropis pour les autres) et de cailloux. Toutes les Gazelles sont à la peine. Peu de points remarquables en altitude, la navigation est délicate, voire même très délicate !
17h, nous atteignons le 3ème CP. Pas pris le temps d'avaler ne serait-ce qu'une datte depuis le départ. C'est le stress. Allez, il nous faut prendre une décision. Nous décidons d'aller chercher les balises dans les dunes majestueuses de Chigaga. Demi tour donc afin de contourner le massif dunaire. Les 2 balises à trouver nous semblent beaucoup plus accessibles par le Nord du massif. C'est parti pour la navigation de nuit (tant pis pour le rôti, il attendra). 19h50, nuit noire, nous décidons de nous poser sur les rives de cet océan de dunes qui nous attend demain… D'immenses cordons qu'il va falloir négocier demain à l'aube avec calme et détermination. D'après nos estimations le 1er des 2 CP de cette immense zone de dunes est à 3kms. Personne ne va se risquer ce soir à prendre de pari sur le temps que nous allons mettre pour le rejoindre (peut-être quand les cartons de Sancerre seront vides….). Montage des tentes, préparation du repas, nous sommes ce soir 4 équipages dans notre petit coin de désert, 109 (équipage américain sur Isuzu DMax), 147 (Isuzu Dmax), 116 (Toyota Land Cruiser) et 125 (pour les distraits, c'est nous, Gazelles St-Bernard des mers de sable, dépannage toutes marques). Vu la difficulté de la journée, un peu d'angoisse à la pensée de l'étape de demain (2 CP dans les dunes, 4 CP ensuite et 160 kms….). La dernière journée ne s'annonce pas comme une balade en calèche dans les allées du château de Moulinsart (voilà, youpi, ça fait depuis que nous avons quitté Merzouga et ce vieux fou que nous cherchions le nom de son château. Un nom qui nous dit quelque chose mais quoi ??)
Demain promis, pas de grasse matinée.
Catherine & Claudine