Etape 5 - 2ème jour, bivouac de Mhamid

Bivouac de Mhamid, arrivée de la 1ère étape marathon (et départ de la 2ème)
« Grassmat », ça fait un peu désert et Maroc, non ? C'était le lieu où nous avons dormi cette nuit. Grasse matinée toute relative, nous avons donné le tour de manivelle pour démarrer le tracteur à 06h40. Non pas que « Bip-Bip » soit tombé en panne, mais c'était notre première nuit où nous étions réellement dans le désert, seules. Pas de bruit, pas de lumière, juste les étoiles et la brise. La nuit est d'un noir d'encre, aucune pollution lumineuse, nous passons quelques instants à admirer la voute céleste telle que nous ne pouvons plus la voir en France, il nous semble, à l'Ouest, reconnaître Sirius dans la constellation du Chien, peut-être plein sud, très haute dans le ciel Saturne, mais rien de sur, tout est changé ici.
Après une soirée passée à évoquer les « épreuves passées », nous nous sommes glissées dans les duvets pour écouter le silence de la nuit. Ce matin, nous avons profité encore quelques minutes de ce silence et de cette atmosphère si particulière d'un début de journée au milieu de nulle part. Juste 2 tentes, le sable et nos voitures. Plaisir de sortir de notre abri et d'admirer cette immensité, de marcher pieds nus autour de la tente dans ce sable ocre parsemé d'une multitude de minuscules grains d'un noir profond, insondable.
7 balises aujourd'hui pour rejoindre Mhamid…. Du pain sur la planche en perspective. 1er cap, SSE, le 1er CP de la journée est juste au bord de la piste Taouz-Zagora. Nous tirons ensuite plein W à travers un enchevêtrement de rochers, de petites dunettes et d'herbe à chameau. Lorsque nous descendons de voiture pour faire le point, attention aux « cram-cram », une plante à l'aspect anodin qui peut rendre folle n'importe quelle Gazelle endurcie. Une herbe avec des petites boules minuscules bardées d'épines microscopiques. Un pantalon ou des chaussettes soumis au régime « cram-cram » est bon a jeter. Avec l'expérience on s'aperçoit que certains tissus sont plus réceptifs que d'autres à cette diablerie. A retenir pour les années futures.
11h, 2ème balise de la journée. Le sable a laissé la place à des regs puis à un long défilé qui va nous mener à la 3ème balise. 14h, nous y sommes. Comme tous les jours depuis le début du Rallye la pause déjeuner est des plus sommaires. Le relief s'est apaisé et les points de repères permettent une navigation plus aisée, mais les dernières balises sont proches les unes des autres et les 6 circuits convergent au même endroit. Nous ne sommes pas seules. Les voitures se croisent et s'entrecroisent. Pas toujours facile de rester sereines et sures de notre cap. Un peu comme prendre la place de l'étoile à contre-sens… Oui ce n'est pas très poétique, mais ce soir, il y a du monde sur les pistes du reg au sud de Mhamid
16h30, 4ème balise. NE pour la 5ème, nous allons rejoindre la vallée du Draa. 18h, le crépuscule est là, nous entrons dans l'oasis de Mhamid à la recherche de cette 5ème balise qui pour l'instant reste bien cachée. La transition est brutale entre le sable des dunes, les regs desséchés et la végétation luxuriante de cet oasis. La nuit est là, il nous reste encore 2 balises avant le bivouac. Trop tard. Nous décidons de prendre la route du bivouac. Remontée de la rive gauche du Draa par la nationale 9, puis traversée de l'oasis d'Oulad Driss. Encore 5 kms avant le bivouac.
20h20, nous y sommes. Rude journée, un peu déçues tout de même de n'avoir pas pu ramener toutes les balises. Les nuits écourtées, la conduite et la navigation, chaque jour plus exigeantes, tout cela commence à peser sur nos épaules. Douche, repas, et une nuit réparatrice avant la 2ème étape marathon…. Parmi les copines, seule Nadia n'est pas encore au bivouac. Nous l'attendons avec impatience.
Claudine & Catherine