Etape 4 - "Le bac à sable"

Nejjakh, 3ème soir, avant la 1ère étape marathon
Ca ne doit pas être très drôle pour vous de lire que chaque jour à 06h20 nous donnons un tour de manivelle pour démarrer le tracteur. Mais c'est notre dure vie de Gazelles et ce matin nous ne dérogeons pas à la règle. Dur est l'adjectif adéquat, car c'est dur, vraiment très dur. Le règlement est inhumain. Un vent de révolte gronde même sur le bivouac, le soir à l'heure du thé. Franchement, cette histoire de casque obligatoire, c'est ridicule. La grande prêtresse qui organise le rallye n'a pas un instant pensé qu'un casque pour prendre une douche et se laver les cheveux ce n'est pas le gadget idéal. Quant à dormir avec un casque…. Il faudra impérativement revoir ce point de règlement. Aujourd'hui, étape « Bac à Sable », direction Merzouga et les fantastiques dunes de l'Erg Cherbi. Ne pas oublier la pelle et le seau pour faire les pâtés de sable. Important de savoir se détendre. Nous avons le choix entre 2 options, soit un parcours dans les dunes, soit un parcours moins sableux. Dans tous les cas il va falloir naviguer au plus juste. Un seul regard échangé et d'un commun accord, nous partons vers l'Erg Cherbi (distance optimale aujourd'hui 86 kms, nous sommes 25ème au général ce matin).
 
Là-bas, la difficulté viendra de la tenue du sable. L'année dernière, cette étape avait été parcourue après la pluie, le sable était lourd et l'adhérence correcte. Nous saurons très vite ce que nous réserve cette étape mythique en 2009, juste après le CP1 que nous atteignons à 07h15. Cette nuit, il a plu copieusement, ce qui a d'une part enlevé un peu la poussière qui s'était déposée partout avec le vent de sable de la veille et cette pluie a stabilisé le sable des dunes. Roulez jeunesse, c'est parti. Nous avons 4 balises à pointer avant de retrouver un itinéraire plus roulant pour le retour au bivouac avec 2 CP à dénicher. La pluie a lavé le ciel, le temps est splendide, idéal pour naviguer dans ces paysages féériques. 08h00, nous sommes au pied des dunes. 09h00 nous atteignons le 1er des quatre CP que nous avons à pointer. Pas de problème majeur, l'équipage est soudé (le châssis du véhicule aussi). Tout va bien à bord.
Un détail (merci le gentil préparateur grognon), nous avons des dégonfleurs préréglés, il nous suffit de les placer sur la valve et psssccccchhhiiittt, le truc dégonfle le pneu jusqu'à la pression programmée. C'est magique. Comment ça marche ? Ce n'est pas écrit « mécano » sur nos casques alors bon ! Pour regonfler, nous avons le compresseur tip-top comme l'année dernière. Le bonheur quoi. Manque juste un pilote automatique. Cap au NNE pour la 2ème balise. Yo man, 10h00, elle est en vue. Difficile de vous décrire la beauté de ces paysages, c'est d'autant plus irréel que nous n'avons pas l'habitude de ces étendues qui moutonnent à l'horizon, les dégradés de couleur sont impressionnants. Malgré cet émerveillement constant, nous sommes parfois un peu gênées de venir troubler cet univers majestueux. Qui sommes-nous donc pour nous arroger le droit de laisser les traces de nos BF Goodrich là où on ne devrait voir que les empreintes des dromadaires, fennecs et autres gerboises… ? Cette débauche de moyens pour venir ici est-elle vraiment raisonnable ? Bon, allez les filles, c'est beau d'avoir des zidées, mais zêtes pas là pour philosopher, au boulot ! OK, Ok, 11h30, 3ème CP, 12h00, le 4ème est atteint et à 12h45, fin de la récréation, nous rangeons la pelle et le seau, sortie du bac à sable. Tout s'est passé au mieux.
Avant de nous diriger vers les 2 dernières balises, quelques instants de détente. Ce vieux marin misogyne dont nous vous avons déjà parlé nous accueille gentiment dans son rade perdu, peut-être un peu grâce aux 2 cartons de « Grande Chatelaine – Cuvée Prestige - Joseph Mellot 2006» que nous lui apportons pour l'amadouer. Il est relativement tôt, mais décidément il est dans un état bizarre. Son visage nous dit vraiment quelque chose, mais impossible de nous rappeler de qui il s'agit. Et puis, vous ne trouvez pas ça bizarre ce logo étrange qui accompagne les personnages que nous rencontrons pendant notre périple ? Il nous rappelle également quelque chose mais quoi ? Après avoir évoqué quelques souvenirs, il était propriétaire d'un château en France (mais faut-il le croire), nous repartons, bien décidées à terminer l'étape avec toutes les balises en poche.
15h00 avant dernière balise, un peu fatiguées tout de même, nous zigzaguons quelque peu avant de tomber sur le drapeau (non non ce n'est pas ce à quoi vous pensez, nous avons dit fatiguées). Si tout se passe bien, nous devrions atteindre la dernière balise avant la nuit et rentrer au bivouac avec le carton plein (pas celui de Sancerre qui nous accompagne pour le pique-nique du midi). Patience, patience. La route la meilleure nous semble être celle qui part en direction du bivouac au NW, juste dans la direction où le soleil se couche doucement derrière les dunes de l'Oued Talrheml qui borde le minuscule village de Derkaoua que nous venons de traverser.
Quelques kms dans cette direction puis nous piquons au NE droit sur la dernière balise. Flute et zut, elle est où cette balise. 17h00, Bingo, jackpot, yesss, elle est là, nous lui tournions le dos !!! Encore une anomalie du champ magnétique, où alors ? Où alors, nous avons une deuxième explication. Les filles ça a toujours 2 explications aux phénomènes étranges dont une qui les dédouane de toute responsabilité. C'est ça qui fait notre force. Nous avons à bord une boussole, un compas de relèvement et un compas électronique. Difficile d'avoir le choix, rappelez vous l'histoire des robes et de la roue de secours. Alors comme les indications de ces engins diaboliques ne sont pas tout à fait identiques, nous ne savons trop que faire et voilà le résultat. L'année prochaine, c'est décidé, nous emmenons un seul instrument qui se chargera de tout (un gps quoi).
 
Les copines de l'équipage 112 ne sont pas loin. Elles sont 24ème au général, nous règlerons ça au bivouac, à la régulière, entre filles (à coup d'aiguilles à tricoter). Fini de rire, vite, nous rentrons, la soupe est prête, il nous faut ranger tout le barda ce soir, demain, à l'aube, départ pour l'étape marathon. Nous apercevons les reliefs caractéristiques qui surplombent les tentes. 17h40,nous y sommes. Demain soir, si nous avons le temps, au bivouac, quelque part entre Nejjakh et Mhamid nous essaierons la liaison satellite pour tenter d'envoyer notre compte-rendu.
Salut la compagnie.    
Claudine & Catherine