Etape 3
22-mars-2009
Nejjakh,
au bivouac, 2ème soir
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Ce matin, le réveil « Bip-Bip » essaie de
nous tirer du lit ou plus exactement du
duvet à 04h07. Tout est minuté chez les
Gazelles des Sancerre, efficacité avant
tout, enfin pour nous et l'essentiel,
c'est de s'en persuader. Une petite
pensée pour les copines qui ont passé la
nuit dans le désert. Vu la tempête de
sable de cette nuit, elles doivent avoir
les dents qui crissent ce matin. La
poussière est rentrée partout. Cette
tempête, nous l'attendions, le ciel hier
soir était d'une teinte orangée qui ne
laissait aucun doute. Le vent a soufflé
sans relâche et a secoué nos pauvres
tentes toute la nuit. La sonnerie du
réveil a beaucoup de mal à nous extraire
des brumes de la nuit. Pas sur qu'il
finisse le rallye, ce n'est pas humain
d'oser nous réveiller ainsi. Les nuits
sont fraiches et le duvet douillet
(duvet, pas david). Les heures de sommeil
sont comptées, d'où l'efficacité minutée.
Un petit cassé rapide (breakfast),
briefing, prise de notes, déneigement de
la bête, tour de manivelle, en route à
06h15.
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Aujourd'hui, les 3 premiers CP sont
communs à tous les équipages et nous
n'aurons le road-book définitif qu'au
4ème CP (de vrais pervers ces
organisateurs, ils profitent du fait que
nous sommes de pauvres Gazelles sans
défense). Quelques kilomètres de piste
pour atteindre le CP1, pile-poil à 06h30.
Route 3461 puis N13, Erfoud, tiens le CP2
est là, nous ne l'attendions pas si tôt.
Nous nous arrêtons quand même quelques
instants pour pointer. Mais ce matin,
c'est goudron goudron, alors les kms
défilent. Nous remontons la vallée du Ziz
vers le NW par Ksakis, Bordj-Yendi,
Aoufouss, Oulad Aïssa et Zouala. Cette
vallée fait partie de l'immense palmeraie
de l'oasis du Tafilalet (800 000 palmiers
dattiers). Le Ziz ne coule qu'en période
de rares crues, mais les eaux
souterraines irriguent la palmeraie et
les jardins. Ici, chaque tribu, chaque
vallée, chaque village possède son
identité culturelle reconnaissable à sa
musique, à ses particularités
architecturales, à ses coutumes et aux
costumes de femmes, fibules en argent,
handiras et coiffes aux volumes et formes
variables selon que l'on fait partie des
Aït Hadiddou, des Aït Morghad, des Aït
Izdeg, des Aït Atta ou d'ailleurs. Les
maquillages et les tatouages sont
raffinés, racontent une histoire,
indiquent l'appartenance, la position
dans la société de celui ou celle qui les
portent. Une des grandes traditions de la
région est un genre littéraire qui lui
est propre, le Malhoun, chant
déclamatoire comportant pour seuls
instruments les mots et le rythme des
vers. Comme quoi Grand Corps Malade n'a
rien inventé. Cette végétation luxuriante
entre ces falaises arides nous fascine.
Certaines plantations sont étonnantes,
notre route serpente pendant quelques
kilomètres à travers l'une d'elles. Drôle
de sensations, un étrange parfum
d'interdit, à la fois lourd, entêtant et
délicat, nous sommes euphoriques. Bizarre
ces plantes, dommage qu'il faille aller
chercher ces maudits CP, nous aurions
bien passé la journée, allongées là à
siroter du thé.
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A droiiiiiiiittttttteeeeee !!!!!! Voilà
ce que c'est, on se laisse distraire par
des vapeurs envoutantes, debout sur les
freins, boîte courte et bling-blang, la
partie de machine à laver commence,
cailloux et cailloux et cailloux. CP3
07h50. En plus aujourd'hui, pas de
fantaisie, on nous sert la vis (nous on
préfère un verre de Sancerre…). Interdit
de se suivre, obligation de s'arrêter à
plus de 100 m des CP, port du casque
obligatoire, port du gilet obligatoire.
Bientôt il faudra cirer les godasses
avant de monter dans la voiture. Ca
rigole pas. Pas du tout. Alors puisqu'il
ne faut pas se suivre, autant être
devant. A propos des chaussures, un truc
à ne pas faire quand on a des tongs,
c'est donner un coup de pied rageur dans
les pneus pour voir si ils sont bien
gonflés. Ca abime les tongs (et les
pieds). Maintenant nous le savons. 09h30,
le CP4, étonnantes de facilité ces 4
premières balises, soit ça cache quelque
chose de vicieux, soit nous sommes trop
fortes et nous serons rentrées pour le
match de Rugby à 14h15.
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En route vers le CP5…… Oui, bon d'accord,
nous avons mis beaucoup, beaucoup de
temps pour y arriver. Mais nous avons des
excuses, et de bonnes excuses. D'abord
nous sommes passées juste à côté, mais
une caravane de dromadaires a détourné
notre attention. Donc raté ! Fascinant
d'admirer ces guerriers nomades, nobles
et majestueux. Ils cheminent à travers le
Sahara avec pour seul guide les étoiles
(enfin nous nous comprenons, la nuit
seulement). Et puis, il y avait une piste
qui nous tendait les bras alors…. Et
enfin, nous avons été complètement
déstabilisées par un appel de
l'organisation. Encore un ! « Allo
Ouiiiiiii, Gazelles Services j'écoute.
Quoi ? Quoi ? une paire de skis ». Alors
là, le préposé au téléphone doit arrêter
la tisane, ou alors, il est resté trop
longtemps dans les plantations magiques.
Mais non, c'est simplement Carole
Montillet (d'accord elle est 1ère au
général) qui a une petite nostalgie et
qui souhaite descendre une ou 2 dunes…..
Abasourdies, les bras ballants nous
faisons demi-tour vers le CP5. Vous
imaginez l'affaire si Florence Arthaud ou
Ellen Mac Arthur venaient sur le rallye ?
« Allo les gazelles, il nous faudrait un
60 pieds, le vent est bon ». Pourquoi pas
Alain Prost et sa formule 1.
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On se calme, une barre de céréales ou 2,
quelques dattes, 3 gorgées d'eau et enfin
ce CP5. Il est 13h15. De vastes étendues
sableuses nous accompagnent jusqu'au CP6.
15h touch down, il est là et Chabal joue
sans nous ! Nous négocions astucieusement
la descente vers la vallée du Ziz qui
nous amène sur le CP7 vers 16h15. Nous
choisissons la route pour nous rapprocher
du dernier CP. Toujours le même dilemme,
allez le chercher signifie en gros encore
2 heures de route et d'efforts ou rentrer
au bivouac pour se reposer. C'est la 2ème
solution qui est choisie.
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Demain, grosse étape dans les dunes et
ensuite 2 étapes marathon de 2 jours.
Quelques heures de repos ne seront pas de
trop. Douche, repas. Contraste étonnant,
nous passons la journée dans la
poussière, à crapahuter dans les rochers
et le sable (c'est surtout la voiture qui
crapahute, nous on essaie de la faire
aller où elle ne veut pas aller), à
bricoler ce que nous pouvons bricoler sur
ces gros 4x4 et le soir un chef avec un
grand chapeau blanc (ça y est le mot
exact c'est toque) et des gants nous sert
des petits plats. Bizarre. Nous on
mangerait bien un ragout de chèvre et de
la taguela cuite dans le sable sous la
braise d'un feu de branches d'acacias.
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Gros nuages ce soir, attention à la pluie
pour la nuit, on ferme les fenêtres, on
ferme la tente et on se recroqueville au
fond du duvet (plein de sable). Ce soir,
il est 23h11, nous sommes 27ème au
général.
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| Bonne nuit | |||
| Catherine et Claudine | |||
