Liaison Essaouira

De Foum-Zguid à Essaouira (par la route)
Courte nuit, très courte nuit pour les Gazelles et les organisateurs, hier soir, magistrale fiesta. Ce matin grand départ vers Essaouira. Atmosphère étrange au départ du bivouac. Il faut se résoudre à partir, alors autant partir vite. Un passage tout de même par Foum-Zguid city qui est sur la route de Tazenakht. 8 heures de route pour rallier Essaouira. Notre hôtel pour les 2 nuits que nous allons passer là-bas : le ryad Mogador. Ce soir, nous avons rendez-vous à l'hôtel Atlas Essaouira situé sur le front de mer pour le diner offert par Royal Air Maroc, partenaire du Rallye. Nous roulons dans de nouvelles conditions. Ce ne sont plus pistes et dunes, mais bien la route goudronnée. Premiers éléments du retour vers le réel. 10 jours à vivre par et pour le Rallye, il nous faut une transition en douceur pour reprendre contact avec la réalité. Notre univers de Gazelles se fissure tout doucement.
Plus de carte d'état-major détaillée, plus de boussole, plus de chef toqué (pas idiot, toqué), plus de coup de fil de l'organisation pour emprunter la clé de douze, plus d'Iritrack sur le toit de la voiture, plus de balise à chercher (simplement la route d'Essaouira, c'est plus simple, c'est le trait rouge sur la carte), mais toujours du sable dans la voiture, dans les duvets, dans la tente, dans les chaussures. Nous avons récupéré les téléphones portables. Finalement ce n'est pas si mal d'en être privées, rien d'insupportable, au contraire. « Allo t'es où ? », à la longue, c'est lassant. « Chuis là, et pis toi t'es où ?». Il paraît que nous sommes dans un monde de communication globale. Ah bon ! C'est grave docteur ? Les kilomètres défilent, bercées par le vacarme assourdissant du moteur (vivement la Rolls en rentrant à la maison), nous revivons le Rallye en accéléré. L'Equipage 125 est 23ème au général. Les esprits chagrins diront que nous avons gagné péniblement 2 places et qu'à raison de 2 places par an… (silence les malfaisants !). 23ème certes, mais sur 105 équipages dans notre catégorie. L'année dernière nous étions 25ème sur 80. Progression substantielle malgré les apparences. Cette année nous étions également inscrites au challenge Brinks. Ce challenge est réservé aux équipages ayant au moins 1 sponsor dans le monde de la finance. Nous sommes 8ème. Pas mal ! Et puis, et c'est important, le Rallye des Gazelles, c'est aussi (et surtout) l'Esprit Gazelles. L'entraide est une notion fondamentale et très rares sont les équipages qui ne s'arrêtent pas pour aider un véhicule en difficulté.
Après Aoulouz et son magnifique lac, nous retrouvons le petit village dans lequel nous nous étions arrêtées l'année dernière lorsque nous avions ce bruit à l'arrière. Tout en auscultant le véhicule, le garagiste nous avait offert le couscous. Hospitalité marocaine. Ok, 3 kms après être reparties, nous perdions la roue arrière. On ne peut pas tout avoir! Pause déjeuner dans le boui-boui d'un minuscule village en compagnie d'Elisabeth et Claire (équipage 116). Nous étions ensembles au bivouac de la 2ème étape marathon et nous avons passé une grande partie de la journée d'hier avec elles. Au menu, harira, salade d'aubergines et kefta aux légumes. La sieste ? Pas le temps, dommage. Agadir se rapproche doucement. 500000 habitants, en tachelhit (berbère), Agadir signifie « grenier collectif fortifié ». Station balnéaire, port de plaisance avec marina, port de pêche, souk, médina, autoroutes urbaines. Une ville quoi. Contraste brutal avec les grands espaces, toute cette agitation nous enivre un peu. Essaouira 173 kms.
Pendant quelques minutes nous longeons l'océan, passage à Tighert, petite bourgade de pêcheurs le long de la côte. Ensuite Nationale 1 jusqu'à Essaouira « la bien dessinée » (également, par le passé, Amogdul « la bien gardée »). Peut-être quelques instants de libre demain pour aller admirer la Medina classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Vite, quelques pas sur la plage avant de rejoindre notre hôtel.
Incroyable ! ils sont partout ! Les 2 enquêteurs que nous avions laissés sur le bateau pour retrouver le dentifrice, que nous pensions avoir croisés dans cette jeep ridicule, affublés d'une stupide barbe postiche verte (les enquêteurs, pas la jeep, suivez un peu, c'est nous qui sommes fatiguées, pas vous), devinez quoi, ils sont sur la plage, là, devant nous, véridique. Ultime éclair de lucidité, mais bien sur, le logo!! Sur le chien, hier sur le manteau du dingo furieux au pendule, au départ sur le ciré du capitaine, puis sur le pull du vieux fou, dans le verre du vieux fou, ce logo, nous l'avons dans le dos de nos gilets depuis le départ de Sancerre. Blondes que nous sommes ! Nous avons été surveillées, traquées, épiées, fichées, espionnées pendant tout le Rallye par les agents dépêchés par cette redoutable organisation aux ramifications internationales. Dans quel but, mystère ? Peut-être des éléments de réponse l'année prochaine…....
pendant le Rallye 2010......
     
Qui sait ?
     
Catherine et Claudine